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Italie : Poursuivie pour agression sexuelle après avoir embrassé la visière d’un policier

Une jeune femme est visée par une plainte pour agression à caractère sexuel après avoir tenté d’embrasser un policier lors d’une manifestation contre la ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin. Sur internet où le cliché du baiser est devenu un symbole de paix, les réactions de soutien se multiplient.

Tout débute le 16 novembre dernier à Suse, une petite ville du Piémont italien. Une manifestation se déroule alors contre la future ligne de TGV qui devra relier Lyon à Turin. Nina De Chiffre, 20 ans est présente parmi les manifestants et fait face à un mur de policiers. La jeune femme décide alors d’embrasser un policier sur sa visière, une provocation et un signe de dégoût envers les forces de l’ordre explique t-elle, après avoir vu l’un de ses camarades se faire molester quelques semaines auparavant.

Rapidement, la photo à fait le tour du monde grâce aux réseaux sociaux, devenant un symbole de paix pour les internautes. Mais ceci n’est pas du goût du COISP, un syndicat d’officiers de la police italienne. Son secrétaire général Franco Maccari a demandé l’ouverture d’une enquête pour « agression sexuelle et insulte à personne représentante de la force publique ». « Si le policier l’avait embrassée… mais cela aurait été la 3e guerre mondiale, doit-on accepter que l’on puisse faire ce genre de choses à un homme qui fait son devoir ? […] Un baiser est une chose positive mais ce contexte précis, c’était surtout un acte irrespectueux » s’est indigné l’officier.

Dans une interview au journal La Repubblica, Nina De Chiffre a expliqué que son baiser était un acte de défiance envers les forces anti-émeute et n’avait rien d’un acte de paix. « J’ai essayé de le provoquer un peu comme une prostituée l’aurait fait dans une rue. Je sais quelles sont les règles des forces de l’ordre et j’en ai joué. je sais bien qu’ils ne peuvent pas réagir aux provocations. Je ne me suis pas limitée à l’embrasser comme on l’a vu sur la photo. Je lui ai dit des choses pour voir s’il réagissait, mais il est resté impassible. Je lui ai aussi léché la visière, je me suis léché les doigts et j’ai touché ses lèvres. […] C’était un geste de défi à la police. Je voulais que ce flic se rappelle de ce qui est arrivé à Marta en juillet (une militante du mouvement NO TAV) dernier lorsqu’elle a été harcelée et battue sans raison par des policiers. »

Depuis plusieurs années, le mouvement « NO TAV » s’oppose avec force aux travaux de la ligne Lyon-Turin, expliquant que la construction de la ligne de TGV aura un impact sur l’environnement et ne sera pas rentable. Les affrontements sont réguliers et font parfois des blessés de part et d’autre des forces en présence.

Source : La Repubblica Avec CitizenPost

– Crédit photo : Capture écran NBC News Pictures