Un cliquetis sec de la mâchoire n’a strictement rien à voir avec le doux vrombissement d’un ronronnement. C’est pourtant une confusion fréquente chez les propriétaires de chats, et elle peut coûter cher en termes de diagnostic tardif. Le bruxisme peut être un signe de douleur chez les chats. Ce grincement, loin d’être un signe de bien-être, mérite une attention immédiate.
À retenir
- Vous croyiez bien faire en ignorant ce bruit ? Découvrez pourquoi le vétérinaire vous demande de consulter d’urgence
- 85 % des causes peuvent être identifiées lors du premier examen : mais lequel cachez-vous vraiment ?
- Ce détail que les propriétaires ne connaissent pas change tout dans la façon d’interpréter le signal de votre chat
Deux bruits, deux mondes complètement différents
Le ronronnement, c’est cette vibration continue et grave qui traverse tout le corps du chat, produite par la contraction rapide des muscles du larynx. Le bruxisme, lui, obéit à une mécanique totalement autre. Le grincement de dents, aussi appelé bruxisme, ressemble à une sorte de cliquetis ou de claquement incontrôlable produit par la mâchoire du chat. Rien à voir, donc, avec une vibration apaisante. Ce comportement se caractérise par un chat qui serre ou grince ses dents de manière répétée, produisant des sons allant de légers tapotements à des grincements plus forts. Le mouvement de la mâchoire trahit également la nature du phénomène : il peut se manifester par des claquements de dents accompagnés de mouvements de la mâchoire, allant de gauche à droite ou de haut en bas.
Certains propriétaires jurent avoir vu leur chaton grincer des dents pendant une séance de câlins, l’air parfaitement détendu, jugeant cela anodin. Mais les vétérinaires sont formels sur ce point : la prudence reste de mise, car même un épisode ponctuel mérite d’être surveillé plutôt qu’ignoré par principe.
Pourquoi votre chat grince des dents : les vraies causes
La grande majorité des cas trouve son origine dans la bouche. Les problèmes dentaires représentent la majorité des cas de grincement de dents félin, qu’il s’agisse de caries, de gingivite ou de résorptions dentaires. Cette dernière pathologie touche particulièrement les chats âgés : si le chat ne développe pas de caries, un sur cinq présente des lésions de résorption dentaire qui conduisent à l’affaiblissement d’une dent et à son érosion progressive, les chats âgés étant les plus touchés. Le problème, c’est que ces lésions restent souvent invisibles à l’œil nu. Bien que la résorption dentaire soit très douloureuse, le chat sait très bien dissimuler sa douleur, si bien que les lésions peuvent passer inaperçues aux yeux des propriétaires.
Mais la bouche n’explique pas tout. Le grincement de dents peut aussi trahir un mal-être qui n’a rien à voir avec les dents elles-mêmes. Les douleurs abdominales, la nausée ou encore les reflux gastriques peuvent provoquer un grincement de dents chez le chat, tout comme des maladies telles que la pancréatite, le lymphome digestif ou la gastrite. Chez les félins plus âgés, la liste des suspects s’allonge encore : le grincement de dents est un symptôme de plusieurs maladies graves que l’on observe plus fréquemment chez les chats âgés, notamment l’insuffisance rénale chronique, l’hyperthyroïdie ou encore les tumeurs au cerveau. Plus rarement, ce bruxisme signale un trouble neurologique. Des conditions neurologiques comme les crises d’épilepsie peuvent causer du bruxisme chez le chat, la crise s’accompagnant généralement d’une perte de conscience, de mouvements de pédalage des pattes et d’une perte de contrôle de la vessie ou des intestins.
Ce que fait réellement le vétérinaire
Face à ce symptôme, la consultation ne relève pas du réflexe excessif mais de la nécessité pure. Ce comportement nécessite toujours une attention vétérinaire, il ne faut pas attendre pour consulter, car une intervention précoce peut prévenir des complications plus sérieuses. Bonne nouvelle cependant : le diagnostic n’est généralement pas un parcours du combattant. Le vétérinaire effectuera une évaluation et un traitement complets de la santé bucco-dentaire pour en découvrir la cause, et environ 85 % des causes de bruxisme peuvent être diagnostiquées lors d’un premier examen buccal.
Dans les cas où l’animal refuse de se laisser examiner ou semble trop douloureux pour ouvrir grand la gueule, une étape supplémentaire s’impose. Certains chats ne permettent pas une bonne visualisation de la cavité buccale, ou l’examen s’avère trop inconfortable ou stressant, si bien que le vétérinaire peut recommander un examen buccal complet sous sédation ou anesthésie de courte durée. Des examens complémentaires viennent parfois compléter le tableau : des radiographies dentaires, des analyses sanguines et un examen buccal approfondi permettent de déterminer la cause, le traitement pouvant ensuite inclure un détartrage, une extraction dentaire, des antidouleurs, des antibiotiques ou un traitement pour une maladie systémique.
Des gestes simples en attendant le rendez-vous
Le temps d’obtenir une consultation, quelques ajustements permettent de soulager l’animal. Privilégier une alimentation humide plutôt que des croquettes sèches réduit la sollicitation de la mâchoire douloureuse. Les chats concernés bougent leur mâchoire de gauche à droite ou de haut en bas, souvent accompagné de bruits de raclement, de cliquetis ou de claquement, des signes à observer et à décrire précisément au praticien pour affiner le diagnostic.
Reste un détail que peu de propriétaires connaissent : chez l’humain, le bruxisme survient surtout la nuit, pendant le sommeil, quand la vigilance disparaît. Le grincement de dents est un problème connu chez l’humain surtout la nuit, alors que les chats, contrairement à nous, peuvent faire la même chose mais alors qu’ils sont bien éveillés. Ce détail change tout dans la façon d’observer son chat : un épisode de grincement en pleine journée, les yeux grands ouverts, n’a donc aucune circonstance atténuante liée au sommeil. C’est un signal brut, envoyé en temps réel, qu’il vaut mieux ne jamais laisser filer sans réaction.
Source : maviedechat.net