Votre téléphone vibre. Un message urgent de votre banque vous informe qu’une transaction suspecte vient d’être détectée. Le stress monte, vous cliquez instinctivement… et c’est exactement ce que souhaitait le cybercriminel. En 2024, le nombre d’attaques visant à dérober les mots de passe des utilisateurs ont atteint un record particulièrement concernant les comptes Google, Facebook et Amazon. Face à cette réalité, savoir identifier une tentative de phishing en quelques secondes devient un véritable enjeu de sécurité.
L’urgence factice : le piège psychologique par excellence
Le premier signal d’alarme d’une tentative de phishing réside dans le caractère urgent du message. Les cybercriminels utilisent souvent des tactiques de peur pour inciter à une action rapide, comme des menaces de fermeture de compte ou des offres limitées dans le temps. Cette stratégie n’est pas un hasard : elle vise à court-circuiter votre réflexion critique.
Concrètement, méfiez-vous des messages qui évoquent un compte bloqué, une transaction frauduleuse ou une mise à jour urgente de vos données. Si les tentatives d’hameçonnage sont aujourd’hui de mieux en mieux réalisées, un mail frauduleux présente souvent des signes d’alerte qu’il est possible de déceler : offre alléchante, apparence suspecte, pièce jointe inattendue, adresse d’expédition fantaisiste. Les escrocs savent exploiter nos émotions pour nous pousser à agir sans réfléchir.
Un autre indice révélateur : les formulations alarmistes accompagnées de délais très courts. « Validez votre compte dans les 24 heures », « Action immédiate requise » ou encore « Dernier rappel » sont autant d’expressions qui doivent vous mettre la puce à l’oreille.
L’adresse d’expéditeur qui ne colle pas
Le deuxième signe infaillible d’une arnaque concerne l’adresse email de l’expéditeur. Les e-mails de phishing proviennent parfois d’adresses e-mail qui imitent celles d’entreprises légitimes OU parfois d’adresses mail sans aucun rapport. Vérifiez attentivement l’adresse de l’expéditeur pour repérer des anomalies, telles que des fautes d’orthographe ou des domaines inhabituels.
Les cybercriminels rivalisent d’ingéniosité pour créer des adresses qui ressemblent à s’y méprendre aux vraies. Ainsi, « service-client@armaz0n-secure.com » remplace subtilement le « a » par un « 0 » dans Amazon. De même, attention aux extensions suspectes comme « .net » ou « .fr » quand l’organisation utilise habituellement « .com ».
Prenez également garde aux messages provenant d’expéditeurs que vous ne connaissez pas, surtout s’ils prétendent représenter un service dont vous êtes client. Les cybercriminels n’ont généralement pas accès aux bases de données d’utilisateurs des entreprises dont ils usurpent l’identité et envoient parfois leur mail de phishing au hasard. Si vous recevez un email d’un service ou d’une société dont vous n’êtes pas client, méfiez-vous.
Le lien qui mène vers l’inconnu
Le troisième signal d’alarme majeur concerne les liens contenus dans le message. Avant de cliquer, un réflexe simple peut vous sauver la mise : survolez le lien avec votre souris sans cliquer. Si le message comporte un lien, positionnez le curseur de votre souris sur ce lien (sans cliquer). Cela affichera alors la véritable adresse vers laquelle il redirige afin d’en vérifier la vraisemblance.
L’URL qui s’affiche doit correspondre exactement au site officiel de l’organisation. Si elle ne correspond pas exactement au site concerné, il s’agit très certainement un site frauduleux. Parfois, un seul caractère peut changer dans l’adresse du site pour vous tromper. Les escrocs utilisent des techniques de substitution de caractères particulièrement vicieuses.
Sur mobile, la vérification devient encore plus cruciale : effectuez un appui long sur le lien pour faire apparaître l’URL de destination avant de décider si vous souhaitez poursuivre.
Les 10 secondes qui peuvent tout changer
Face à un message suspect, voici la séquence d’actions à adopter en urgence. D’abord, respirez et ne cédez pas à la panique. Avant toute chose, gardez votre calme, ne vous précipitez pas. Analysez la situation et prenez conseil autour de vous.
Ensuite, si vous avez déjà cliqué sur un lien suspect, changez immédiatement vos mots de passe : si vous avez malencontreusement communiqué un mot de passe, changez-le immédiatement sur le site ou service concerné, ainsi que sur tous les autres sites ou services sur lesquels vous utilisiez ce mot de passe compromis.
Pour les données bancaires compromises, la réactivité est cruciale. Faites opposition immédiatement : si vous avez malencontreusement communiqué des éléments sur vos moyens de paiement ou si vous avez constaté des débits frauduleux sur votre compte, faites opposition immédiatement auprès de votre organisme bancaire ou financier. Faites opposition carte immédiatement via son numéro spécial ou le service interbancaire au 0 892 705 705 (ouvert 7 jours/7 et 24h/24).
Enfin, vérifiez toujours l’authenticité du message en contactant directement l’organisme concerné par ses canaux habituels. Vous pouvez contacter le prétendu expéditeur à ses coordonnées habituelles pour vérifier sa démarche. Et n’oubliez pas de signaler la tentative d’escroquerie : signalez la tentative aux services publics concernés : 17Cyber, gendarmerie, les plateformes Pharos et 33 700.
La montée en puissance de l’intelligence artificielle rend les tentatives de phishing encore plus sophistiquées. L’utilisation de l’Intelligence artificielle( IA) facilite en effet ces nouveaux formats qui renforcent la crédibilité des mails de phishing. Face à cette évolution, votre vigilance et ces réflexes de sécurité deviennent vos meilleurs remparts. N’oubliez jamais : en cas de doute, mieux vaut prendre quelques minutes pour vérifier que de regretter pendant des mois.