Imaginez la scène : vous arrivez au contrôle de sécurité, déposez votre bagage directement dans le bac, et passez sans sortir ni votre ordinateur portable, ni vos liquides. Cette révolution technologique n’est plus de la science-fiction – elle se déploie déjà dans plusieurs aéroports français, mais beaucoup de voyageurs l’ignorent encore complètement.
Julien, consultant parisien, témoigne de sa surprise lors d’un récent voyage : « J’ai mis 20 minutes au contrôle comme d’habitude, à tout déballer consciencieusement. L’agent m’a regardé bizarrement et m’a dit qu’avec leur nouveau scanner, je n’avais rien besoin de sortir. J’étais passé à côté de la ligne ‘nouvelle génération’ ! »
Les scanners CT 3D bouleversent les règles établies
La transformation vient des scanners à tomographie par ordinateur (CT) 3D qui révolutionnent l’inspection des bagages à main en fournissant des images tridimensionnelles extrêmement détaillées, permettant ainsi, dans les aéroports équipés, de ne plus retirer les appareils électroniques ni les liquides des sacs. Cette technologie, empruntée au domaine médical, offre aux agents de sécurité une vision complète et sous tous les angles du contenu de vos bagages.
Ces équipements sont équipés d’algorithmes et de détecteurs de molécules. C’est comme ça qu’ils peuvent à la fois faire des contrôles sur les liquides mais aussi sur tous les objets qui sont à l’intérieur de vos valises notamment les ordinateurs et tous les appareils électroniques, explique le directeur de l’aéroport de Roissy-CDG. Concrètement, ces appareils analysent la composition chimique des objets et détectent automatiquement les substances interdites, sans nécessiter de manipulation manuelle.
Le gain de temps est spectaculaire. Paris Aéroport estime le gain de temps à 30 secondes pour un passager unique, mais l’impact réel se ressent davantage aux heures de pointe quand le cumul de ces manipulations a rapidement tendance à faire allonger les files d’attente. Pour les voyageurs d’affaires habitués à déballer systématiquement leurs équipements, c’est une véritable révolution.
Où trouver ces nouvelles lignes express ?
La France n’est pas en reste dans cette course à l’innovation. L’année 2025 marque l’introduction de nouveaux scanners de sécurité dans plusieurs aéroports internationaux, notamment ceux de Paris-Orly et Charles-de-Gaulle. Mais attention, le déploiement reste partiel et inégal selon les terminaux.
Le Groupe ADP a commencé le déploiement de cette nouvelle génération de scanners 3D dans 4 terminaux de Paris-Charles de Gaulle : T2B-D, T2E hall K et T2F et T1. Dans chacun de ces terminaux, 2 lignes de contrôle sureté des bagages cabines sont équipées. L’aéroport d’Orly a également ses lignes modernisées, concentrées principalement sur le parcours Premium.
Le problème ? Comme les lignes de sûreté ne sont pas affectées à des destinations exclusives, difficile de savoir si vous passerez par ces nouvelles voies express ou si vous tomberez sur les contrôles « traditionnels ». C’est un peu la loterie : certains passagers bénéficient de cette fluidité nouvelle tandis que d’autres continuent à jouer le jeu du déballage intégral.
D’autres aéroports français testent également ces technologies. Lyon-Saint-Exupéry expérimente ces équipements depuis 2023, avec deux lignes de contrôle équipées de ces nouveaux scanners proposés en priorité aux passagers du parcours Premium, facilitant le passage des contrôles en évitant aux voyageurs de retirer les appareils électroniques et les liquides de leurs bagages cabine.
Mais attention, les liquides restent limités
Voici le piège dans lequel tombent de nombreux voyageurs : croire que ces nouveaux scanners suppriment toutes les restrictions. En réalité, bien que ces nouveaux scanners puissent théoriquement permettre une plus grande flexibilité pour le transport de liquides, la Commission européenne a choisi de maintenir la règle des 100 ml pour l’instant. Cela signifie que les passagers doivent toujours préparer leurs liquides selon les règles habituelles.
La situation varie selon les pays. Depuis le 8 juillet 2025, deux aéroports britanniques : Birmingham et Édimbourg autorisent les voyageurs à transporter jusqu’à 2 L de liquides en cabine, sans sortir ni conditionner leurs flacons ni sortir leur ordinateur de leur bagage, grâce à des scanners 3D de nouvelle génération. Mais en Europe continentale, la prudence reste de mise.
Depuis le 1er septembre 2024, tous les aéroports de l’Union ont réinstauré la limite des 100 ml, après une période de test avec scanners CT, une décision motivée par un dysfonctionnement logiciel. En France, la DGAC reste alignée sur cette réglementation, sans envisager de dérogation dans l’immédiat.
Comment optimiser votre passage au contrôle en 2026
Face à cette transition progressive, l’anticipation devient cruciale. Vérifiez les consignes spécifiques : chaque compagnie aérienne ou aéroport peut avoir des règles particulières. Prenez quelques minutes pour vous informer avant votre départ. Les sites des aéroports commencent à indiquer quels terminaux disposent de ces nouvelles lignes.
La règle d’or reste la préparation traditionnelle, même si vous espérez tomber sur une ligne nouvelle génération. Gardez vos liquides dans leur sac plastique transparent et vos appareils électroniques facilement accessibles. Si vous avez la chance de passer par un scanner CT, l’agent vous indiquera que vous n’avez rien à sortir – comme l’a vécu Julien.
Entre 2026 et 2030, l’opérateur aéroportuaire compte équiper l’intégralité de ses quelques 200 lignes de sûreté à Paris. Cette généralisation progressive transformera définitivement l’expérience aéroportuaire, mais d’ici là, mieux vaut rester préparé aux deux scénarios.
Cette révolution silencieuse des contrôles aéroportuaires illustre parfaitement comment la technologie peut simplifier nos voyages. Reste à espérer que l’information circule mieux pour éviter que 90% des voyageurs continuent à perdre du temps inutilement aux contrôles de nouvelle génération.