Dix saisons, des millions de fans aux quatre coins du monde : Stranger Things s’est éteint en 2026 en offrant à ses spectateurs un plan mémorable sur une cascade de 122 mètres, perdue dans les hautes terres islandaises. Háifoss, deuxième plus haute chute du pays, s’invite ainsi dans la légende sérielle, rejoignant une liste impressionnante de sites naturels qui participent au rêve hollywoodien. Derrière ces images qui marquent la pop culture, un territoire fascine depuis longtemps les réalisateurs : l’Islande, terre de glace, de lave et d’aurores, devenue filon inépuisable pour les productions à grand spectacle. Stranger Things n’a fait que sceller ce lien déjà bien tissé, amplifiant au passage l’attrait touristique que cultivent activement les équipes de Visit Iceland et Business Iceland.
À retenir
- Stranger Things révèle une cascade islandaise spectaculaire pour son final mémorable.
- Game of Thrones puise dans les paysages glacés et volcaniques d’Islande pour ses scènes clés.
- Le tourisme s’envole grâce au phénomène du « screen tourism » autour des lieux de tournage.
Háifoss, la double cascade star du final de Stranger Things
Impossible d’oublier cette séquence : la caméra plonge sur Háifoss, la rivière Fossá bondit en un double rideau d’écume, et le vert des mousses tranche sur la roche noire. L’image s’incruste dans la rétine, tant elle colle à l’atmosphère entre surnaturel et nature brute de Stranger Things. Ce lieu existe, niché dans la vallée de Þjórsárdalur, à deux heures de Reykjavik. Son accès n’a rien d’une promenade citadine : piste de gravier, 4×4 obligatoire, paysages lunaires à perte de vue. Cet effort, il faut le faire pour mesurer la démesure du canyon dans lequel s’effondre Háifoss. Les voyageurs férus d’expériences inoubliables peuvent opter, l’été venu, pour des excursions encadrées depuis la capitale, souvent combinées à une halte dans les sources chaudes de Landmannalaugar et à un trek coloré sur le rhyolite des montagnes. Ce final de Stranger Things a su mettre en avant un pan méconnu du pays, déjà plébiscité par les mordus de cinéma de genre.
Game of Thrones, de la grotte de Jon Snow aux glaciers de légende
L’Islande et Game of Thrones : la connexion allait de soi. Comment représenter avec crédibilité les vastes territoires glacés au-delà du Mur, royaume de l’inconnu et siège du fantastique, sans puiser dans les glaciers et champs de lave islandais ? Les spectateurs se souviennent de la grotte baignée de lumière bleue où Jon Snow et Ygritte connaîtront un moment clé. Ce décor authentique s’appelle Grjótagjá, une faille remplie d’eau chaude près du lac Mývatn. Non loin, les formations de lave tordue de Dimmuborgir hébergeaient le camp de l’armée de Mance Rayder. Game of Thrones a également mis à profit les étendues du glacier Svínafellsjökull, les panoramas givrés de Mýrdalsjökull et les échos tumultueux de Goðafoss, la « cascade des dieux ». Une grande partie de ces lieux se concentrent au nord et à l’est du pays, à portée d’excursion pour qui choisit de rayonner autour du lac volcanique Mývatn ou de la zone géothermique de Hverir. Depuis la diffusion de la série, la fréquentation touristique de ces sites connaît des pics réguliers, portés par le phénomène du « screen tourism » : une envie de prolonger l’expérience du visionnage par celle du voyage.

Du James Bond glacial à Interstellar : la carte maîtresse de Jökulsárlón
Avant de servir de décor à l’armée sauvageonne, le lagon glaciaire de Jökulsárlón avait déjà fait rêver les amateurs d’action : la séquence d’ouverture du film James Bond Die Another Day s’est déroulée ici. Le site, intégré au parc national de Vatnajökull, présente un paysage irréel où flotte une armada d’icebergs, reflets d’un glacier en constant recul. En 2026, le lagon attire toujours ceux qui veulent voir de près la rencontre du feu et de la glace, même si la configuration du site ne permet plus de grandes courses-poursuites sur la banquise : pour le tournage, la zone avait été temporairement endiguée, un détail technique resté dans les annales du cinéma. Jökulsárlón s’invite aussi dans Interstellar et dans la saison 2 de Game of Thrones, preuve de son potentiel universel pour les récits mêlant exploration, danger et beauté brute. Une anecdote revient souvent : les guides locaux relatent combien la météo imprévisible a imposé plusieurs reprises à la production de Bond, rappelant que l’Islande ne se maîtrise pas – elle se donne à qui sait s’adapter !

Tourisme, pop culture et nouvelle façon de voyager en Islande
Depuis la médiatisation accrue de ces lieux, Visit Iceland et Business Iceland accélèrent la mise en valeur de l’île comme destination à la fois cinématographique et d’aventure. Leur proposition cible clairement les fans de séries et de cinéma, en leur offrant des circuits orientés « Grand Nord », marchés par les sites exacts du tournage ou conçus autour d’anecdotes liées à Stranger Things, Game of Thrones ou encore Eurovision Song Contest – le film Netflix a lui aussi choisi les décors islandais pour son univers décalé et fantasque. Cette stratégie de mise en scène fonctionne : de plus en plus de voyageurs tentent leur propre pèlerinage audiovisuel, qu’il s’agisse d’un moment photo devant Grjótagjá ou d’une randonnée « sur les traces de Jon Snow ». Même les bains naturels extérieurs, tels que ceux du nord autour de Mývatn, bénéficient de ce nouvel engouement, car ils permettent d’ajouter une dimension sensorielle à la visite.

La rivalité n’est toutefois pas à sens unique. La Nouvelle-Zélande, l’Écosse ou encore l’Irlande multiplient aussi les campagnes pour attirer ce public de passionnés. Ce qui distingue l’Islande, c’est la compacité d’un territoire où chaque site d’exception demeure à quelques heures de route, la possibilité de coupler immersion nature et repérages de tournage authentiques, sans oublier la modernité d’une infrastructure touristique adaptée à une clientèle internationale. Il suffit d’un voyage sur la route circulaire pour enchaîner volcans, cascades et lagunes – autant de décors devenus iconiques grâce à la puissance des images, et aux choix esthétiques des studios hollywoodiens.

Que le spectateur cherche l’adrénaline d’une cascade mythique, la quiétude d’une source chaude ou l’ambiance surnaturelle d’un plateau de tournage, il trouvera en Islande un terrain de jeu qui continue d’inspirer les plus grandes sagas. Qui sait quelle série ou film choisira la prochaine falaise, le prochain champ de lave ? L’Imaginaire collectif n’a sans doute pas fini d’être enrichi par les mystères de cette île hors normes. Et si le vrai spectacle, au fond, c’était ce sentiment unique d’arpenter une terre que l’on croyait d’abord fictionnelle, avant d’y poser le pied pour de bon ?