Chaque automne, souvent après les premières fraîches matinées suivies d’un après-midi ensoleillé, des centaines de coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis) se massent sur les façades et s’infiltrent dans les logements. Elles cherchent un abri pour passer l’hiver, et votre maison leur convient très bien. Le bon geste existe, et il évite les auréoles jaunes sur les murs.
Écrasée, une coccinelle asiatique laisse une trace jaune et une odeur tenace.
- Les coccinelles asiatiques cherchent des abris hivernaux et se massent sur les façades exposées au sud en automne.
- Écrasée, une coccinelle libère une hémolymphe jaune qui tache les murs et tissus.
- L’aspirateur avec un bas retient les insectes sans risque de taches ni accumulation d’odeur.
- Boucher les interstices des fenêtres et caissons de volets au mastic arrête l’invasion l’année suivante.
Pourquoi elles envahissent les murs en octobre
Originaire d’Asie, cette coccinelle a été introduite volontairement comme auxiliaire de culture, d’abord en Amérique du Nord puis en Europe, pour dévorer les pucerons. Elle s’est échappée des cultures et des élevages, et s’est installée durablement en France depuis le début des années 2000. Son appétit lui a valu un succès redoutable, au détriment de nos espèces locales dont elle mange parfois les œufs et les larves.
À la fin de l’été, les adultes quittent les champs et les arbres pour chercher des falaises rocheuses, dans leur milieu d’origine. Les façades claires et exposées au sud imitent très bien ces parois. Les premiers arrivés déposent une signature chimique qui attire leurs congénères, ce qui explique que les mêmes fenêtres soient assiégées d’une année sur l’autre.
Pour la reconnaître, regardez derrière la tête : le pronotum est blanc avec une tache noire en forme de M (ou de W selon l’angle). Elle est un peu plus grande que la coccinelle à sept points, et sa robe varie du jaune orangé au rouge foncé, avec de zéro à une vingtaine de points.
Les bons gestes pour les retirer sans taches
Menacée, la coccinelle pratique le saignement réflexe : elle libère par les articulations de ses pattes un liquide jaune orangé, l’hémolymphe, chargé de composés à l’odeur désagréable qui la protègent des prédateurs. Ce liquide colore les papiers peints clairs, les rideaux, les peintures mates et les tissus. Il vaut donc mieux la déplacer sans la brusquer, et l’aspirateur est l’outil le plus pratique face à un groupe nombreux. Mais il y a une astuce.
Glissez un bas ou une chaussette fine à l’intérieur du tube, maintenu par un élastique, de façon que les insectes tombent dans le tissu au lieu de filer dans le sac. Videz le tout dehors, loin d’une fenêtre. Dans un sac classique, certaines coccinelles survivent et libèrent leur odeur dans l’appareil.
Pour un insecte isolé, un verre et une feuille de carton suffisent.
Les insecticides ne sont pas une bonne idée à l’intérieur. Les cadavres laissés dans les recoins nourrissent d’autres petits insectes, comme les anthrènes, qui s’attaquent ensuite aux lainages et aux collections d’insectes.
Évitez aussi de les chasser à coups de balai le long d’un mur clair. Prenez-les une à une avec le carton, ou aspirez-les, puis relâchez-les à bonne distance de la maison. Certaines reviendront, car leur sens de l’orientation les ramène vers les parois qu’elles ont repérées.
Boucher les accès avant l’an prochain
La vraie solution se joue avant l’arrivée des insectes, idéalement dès la fin de l’été. Les coccinelles passent par les interstices autour des cadres de fenêtres, les caissons de volets roulants, les bouches d’aération, les passages de câbles et les fissures de façade. Un joint de mastic ou de silicone adapté, des brosses d’étanchéité sous les portes et des moustiquaires à maille fine bloquent la plupart des entrées.
Si des coccinelles ont déjà élu domicile dans un grenier non chauffé ou une cave, vous pouvez les laisser en paix. Le froid les met en sommeil, et elles ne causent aucun dégât aux charpentes, aux réserves de nourriture ou aux vêtements.
Leur piqûre est rare et sans gravité, mais elles peuvent mordiller la peau quand elles cherchent de l’humidité. Chez certaines personnes sensibles, leur présence massive provoque rhinite ou conjonctivite, d’où l’intérêt de les retirer plutôt que de les laisser s’accumuler derrière un meuble.
Les viticulteurs connaissent aussi le problème : quand des coccinelles asiatiques se retrouvent dans les grappes à la vendange, elles peuvent transmettre au vin un goût désagréable, que l’on appelle le « goût de coccinelle ».