La Nintendo Switch 2 est sortie le 5 juin 2025 avec une promesse ambitieuse : ne plus jamais vous faire choisir entre jouer confortablement chez vous ou en déplacement. Mais au-delà de l’argument hybride que tout le monde connaît, c’est sur le plan graphique que la nouvelle console de Nintendo a pris tout le monde par surprise. Le DLSS propulsé par l’IA de Nvidia, le HDR, le VRR, la résolution 4K en mode TV… autant de technologies qui semblaient réservées aux PC haut de gamme et qui débarquent désormais dans la poche des joueurs.
À retenir
- Une puce Nvidia custom offrant dix fois plus de puissance graphique que la Switch originale
- Le DLSS Light de Nvidia permet l’upscaling jusqu’en 4K, mais comment fonctionne réellement cette technologie ?
- HDR, VRR et 120 Hz : des fonctionnalités réservées aux PC haut de gamme, désormais dans votre poche
Une puce Nvidia qui change tout
Avec dix fois les performances graphiques de la Nintendo Switch originale, la Switch 2 délivre un gameplay plus fluide et des visuels plus nets. Ce bond spectaculaire repose sur un partenariat renforcé avec Nvidia, qui a conçu pour l’occasion une puce sur mesure. Les Tensor Cores embarqués alimentent le DLSS (Deep Learning Super Sampling), une technologie d’amélioration de résolution pilotée par l’IA, tandis que les RT Cores ajoutent un ray tracing en temps réel pour des effets de lumière dynamiques et des reflets naturels.
Le ray tracing, c’est cette technologie qui simule le comportement physique de la lumière dans un environnement 3D. Concrètement, les reflets sur une flaque d’eau, les ombres projetées par un personnage sous un lampadaire, la façon dont la lumière traverse une vitre… tout ça calculé à la volée, en temps réel. Sur PC, il faut une carte graphique de bonne génération pour en profiter. Nintendo a confirmé que la puce peut gérer le ray tracing matériel, laissant aux développeurs le choix de l’implémenter ou non selon leurs besoins.
Le DLSS : l’intelligence artificielle au service de vos pixels
C’est probablement la nouveauté graphique la plus parlante pour les joueurs au quotidien. Le dock de la Switch 2 est capable d’upscaler n’importe quel jeu jusqu’en résolution 4K, quelle que soit sa résolution native, avec des visuels upscalés plafonnés à 60 images par seconde. En clair : même un titre qui tourne nativement en 720p peut être affiché sur votre télé en 4K avec une qualité d’image convaincante, grâce au traitement IA.
Mais le diable est dans les détails. Il existe en réalité deux formes différentes de DLSS disponibles sur la Switch 2. Le premier modèle, utilisé notamment dans des portages comme Cyberpunk 2077 et Street Fighter 6, partage les caractéristiques d’un modèle CNN (réseau de neurones convolutif) bien connu sur PC, offrant une qualité d’image cohérente en 1080p avec un anti-aliasing fonctionnel.
Pour dépasser le 1080p, Nvidia et Nintendo ont développé un « DLSS Light » spécial, capable d’upscaler vers des résolutions supérieures, la Switch 2 étant vendue comme une console allant jusqu’à la 4K en mode docké. Cette version offre de meilleurs résultats sur image fixe, mais perd en netteté dès que l’action s’emballe, car les techniques de reconstruction sont temporairement désactivées, introduisant parfois des artefacts visibles, en échange d’un coût de traitement deux fois moins élevé.
le DLSS de la Switch 2, c’est un outil puissant mais pas magique. Les développeurs devront choisir le bon modèle selon le type de jeu qu’ils proposent. La console supporte les modes DLSS 1x, 2x et 3x, comparables aux modes performance, balanced et quality sur les jeux PC. Et c’est précisément là que ça devient intéressant pour les prochaines années : à mesure que les studios apprendront à exploiter ces outils, la qualité graphique devrait sensiblement progresser sans même nécessiter de mise à jour matérielle.
HDR, VRR et 120 Hz : l’écran qui ne lésine plus
La Switch 2 supporte la résolution 1080p et un taux de rafraîchissement de 120 Hz en mode portable ou sur table, et la 4K à 60 Hz en mode docké, avec un support HDR sur la tablette et les écrans externes compatibles. Pour replacer ça en perspective : la Switch première génération plafonnait à 720p en portable et 1080p sur TV, sans HDR ni 120 Hz. Le fossé est colossal.
Le HDR va au-delà du simple rendu cinématographique : pour les jeux, il étend la plage de luminosité disponible et améliore à la fois le contraste et la colorimétrie. La Switch 2 supporte le format HDR10, celui que l’on retrouve sur tous les téléviseurs 4K du marché, ce qui garantit une compatibilité large. Le lancement n’a d’ailleurs pas été sans accroc de ce côté : à sa sortie, la Switch 2 présentait un problème d’implémentation HDR, avec des images paraissant délavées à cause d’un processus de calibration peu intuitif qui perturbait la gestion de la luminosité. Nintendo a depuis corrigé le tir via une mise à jour logicielle.
Quant au VRR (Variable Refresh Rate), la technologie qui synchronise le taux de rafraîchissement de l’écran avec la cadence réelle du jeu pour éliminer les à-coups et les déchirures d’image, la situation est un peu plus nuancée. Nintendo a confirmé que la Switch 2 supporte le VRR en mode portable, mais pas en mode docké, et n’a rien annoncé concernant un éventuel support futur en TV. Le VRR en mode portable fonctionne via la technologie NVIDIA G-Sync, garantissant un gameplay fluide sans déchirure d’image.
Des chiffres qui parlent pour eux-mêmes
Si ces technologies graphiques ont convaincu ? Les ventes répondent clairement à la question. Plus de 3,5 millions d’unités ont été écoulées dans le monde en seulement quatre jours après le lancement, faisant de la Switch 2 la console Nintendo à la croissance la plus rapide de l’histoire de la firme. Au 31 décembre 2025, la Switch 2 avait dépassé les 17 millions d’unités vendues dans le monde, portée notamment par Mario Kart World, son jeu le plus vendu avec plus de 14 millions de copies.
Avec une puissance brute atteignant 3,07 TFLOPS en mode docké, la Switch 2 surpasse confortablement la PS4 et se rapproche des capacités d’une PS4 Pro, tout en restant en dessous des géants actuels que sont la PS5 et la Xbox Series X. Mais Nintendo n’a jamais joué sur ce terrain. La vraie question, pour les prochains mois, est de savoir jusqu’où les studios tireront parti de ces outils graphiques sur une machine qui reste, dans l’âme, une console portable. Les bases sont là. L’histoire ne fait que commencer.