Sophie Adenot : portrait de la nouvelle astronaute française qui fera l’histoire en 2026

Le 13 février 2026, Sophie Adenot s’envolait vers la Station spatiale internationale (ISS), marquant le retour d’une Française dans l’espace après 25 ans d’absence. Cette ingénieure de 43 ans, née le 5 juillet 1982, est devenue colonel dans l’Armée de l’Air et de l’Espace et détient le titre de première femme française pilote d’essai d’hélicoptères. Une trajectoire exceptionnelle qui fait d’elle bien plus qu’une astronaute : un symbole d’excellence et d’inspiration pour les générations futures.

Un rêve d’enfance façonné par une pionnière

Née à Cosne-Cours-sur-Loire, en Bourgogne, dans une famille de pharmacienne et de notaire, Sophie Adenot découvre sa vocation à l’âge de 14 ans. En 1996, alors qu’elle était élève au collège de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur à Saint-Germain-en-Laye, le décollage de Claudie Haigneré représente pour elle un véritable déclic. Cette mission de seize jours à bord de la station russe Mir de la première femme française dans l’espace forge son avenir : elle sera astronaute.

Ce moment fondateur guide tous ses choix de formation. Après avoir obtenu son baccalauréat à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur à Saint-Denis, elle suit les classes préparatoires aux grandes écoles pour intégrer l’élite de l’enseignement supérieur français. De 2001 à 2003, elle étudie l’ingénierie à l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE-SUPAERO), se spécialisant dans la dynamique de vol des aéronefs et engins spatiaux, et obtient son diplôme en 2004. Cette même année, elle franchit l’Atlantique pour décrocher un Master of Science au Massachusetts Institute of Technology (MIT), où elle travaille dans le laboratoire Homme-Machine et rédige sa thèse sur l’adaptation du système vestibulaire à la gravité artificielle.

De la conception d’hélicoptères aux missions de sauvetage

Son parcours professionnel illustre une progression méthodique vers l’excellence. Après ses études, Sophie Adenot passe une année chez Airbus Helicopters à Marignane, se concentrant sur la conception de cockpits d’hélicoptères. Cette expérience industrielle lui donne une compréhension approfondie de la mécanique aéronautique, mais elle aspire à davantage d’action.

En 2005, elle rejoint l’Armée de l’Air française. Après sa formation de pilote d’hélicoptère, elle est affectée à l’Escadron d’Hélicoptères 1/67 Pyrénées à la base aérienne de Cazaux, où elle pilote des Caracal lors de missions de recherche et sauvetage en environnements hostiles de 2008 à 2012. Ces missions opérationnelles forgent son caractère et affinent ses compétences dans des situations critiques.

En 2012, elle intègre l’Escadron de Transport des Hautes Autorités basé à Villacoublay, responsable du transport du chef de l’État, des ministres et des délégations étrangères. Cette fonction de prestige témoigne de la confiance accordée à ses compétences exceptionnelles. Mais Sophie Adenot vise encore plus haut : en 2017, elle entre à l’école du personnel navigant d’essais et de réception, et devient en 2018 la première femme française pilote d’essai d’hélicoptères. Après sa formation à l’Empire Test Pilots’ School au Royaume-Uni, elle travaille comme pilote d’essai à Cazaux sous l’autorité de la Direction générale de l’armement de 2019 à 2022.

La consécration spatiale et la mission Epsilon

En novembre 2022, Sophie Adenot est sélectionnée pour rejoindre le Corps européen des astronautes dans le cadre du groupe 2022 de l’Agence spatiale européenne. Elle devient la deuxième femme française à intégrer ce corps d’élite, après Claudie Haigneré. La classe 2022, surnommée « The Hoppers », a été choisie parmi 22 500 candidats.

En 2024, l’ESA annonce que Sophie Adenot sera la première de sa promotion à voler vers l’ISS pour une mission de longue durée prévue pour le printemps 2026. La portion européenne de la mission Crew-12, affectée à Sophie, est baptisée « Epsilon ». Elle rejoint effectivement l’ISS le 13 février 2026 en tant que membre de l’Expédition 74.

Durant son séjour de huit mois dans l’espace, elle participe à plus de 200 expériences scientifiques en micropesanteur. Ces expériences incluent des tests d’échographes autonomes avec le dispositif EchoFinder, des mesures physiologiques avec PhysioTool, une expérience éducative avec des écoles françaises appelée ChlorISS pour observer l’impact de la lumière et de la gravité sur la croissance de plantes, et des tests d’un prototype de combinaison spatiale. Elle emporte même une sélection de plats français, notamment du bisque de homard et du foie gras créés par la cheffe étoilée Anne-Sophie Pic, ajoutant une touche gastronomique française à cette aventure spatiale.

Une ambassadrice de l’excellence française

Sophie Adenot incarne une nouvelle génération d’astronautes, au croisement de l’excellence scientifique et de l’engagement pour l’intérêt général. Au-delà de l’exploit technologique, son parcours constitue un signal fort en faveur de l’égalité femmes-hommes dans les filières scientifiques encore largement masculines. Par son parcours et sa visibilité, elle s’impose comme un modèle pour de nombreuses jeunes filles en France et en Europe.

Depuis plusieurs années, elle s’investit comme marraine du dispositif OSE L’ISAE-SUPAERO (Ouverture Sociale Étudiante), aux côtés de Thomas Pesquet. Sa participation aux journées « Campus au féminin » de l’ISAE-SUPAERO depuis 2016 suscite un vif enthousiasme auprès des collégiennes et lycéennes, leur offrant l’opportunité de découvrir les métiers scientifiques et de l’ingénierie.

En 2020, elle a été reconnue par le programme Young Leaders de la Fondation franco-américaine, et en 2021, elle a reçu la Médaille de l’Assemblée nationale française pour ses « actions en tant qu’ambassadrice inspirante de l’égalité des sexes dans les sciences ». Ces distinctions témoignent de son impact au-delà de ses accomplissements techniques.

Le nom de sa mission, « Epsilon » – la lettre grecque ‘e’ – symbolise la puissance des petites contributions significatives. En mathématiques, ε représente quelque chose de petit, comme le rôle d’un astronaute dans l’effort collaboratif étendu de l’exploration spatiale, tandis qu’en astronomie, c’est la cinquième étoile la plus brillante de la constellation du Lion.

Avec Sophie Adenot, la France retrouve sa place dans l’aventure spatiale habitée après l’absence qui avait suivi les missions de Thomas Pesquet. Son parcours exemplaire, alliant rigueur scientifique, courage opérationnel et engagement social, fait d’elle bien plus qu’une astronaute : une pionnière qui trace la voie vers un futur spatial plus inclusif et ambitieux. En février 2026, quand elle flottera dans l’ISS à 400 kilomètres de la Terre, Sophie Adenot portera les rêves d’une génération et l’excellence de la recherche spatiale française vers de nouveaux horizons.

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