Vous respirez par la bouche la nuit ? Ce que ça fait vraiment à vos dents et votre sommeil

Ce réveil avec la bouche pâteuse et sèche vous dit peut-être quelque chose ? Si vous dormez régulièrement la bouche ouverte, vous n’êtes pas seul. Cette habitude nocturne, qui peut paraître anodine, cache en réalité des conséquences insoupçonnées pour votre santé dentaire et la qualité de votre repos.

Beaucoup de personnes dorment la bouche ouverte, notamment en cas de ronflement, de congestion nasale ou d’apnée du sommeil. La respiration buccale réduit considérablement la production de salive, pourtant essentielle pour protéger l’émail, neutraliser l’acidité et limiter le développement bactérien.

Quand votre bouche devient un milieu hostile pour vos dents

La salive joue un rôle crucial que l’on sous-estime souvent. En effet, la salive joue un rôle crucial dans la protection de nos dents et de nos gencives. Lorsque nous respirons par la bouche, la production de salive diminue, ce qui affaiblit nos défenses naturelles. Ce changement apparemment mineur transforme littéralement votre environnement buccal.

Une étude néo-zélandaise de l’université d’Otago révèle des chiffres saisissants : en gardant la bouche ouverte, le pH peut chuter à 3,6 alors qu’il se situe normalement à 7,7 bouche fermée, valeur égale à l’acidité engendrée par un verre de soda ou de jus de fruit. Le pH moyen est descendu à 6,6 chez les volontaires obligés de dormir en respirant par la bouche, soit plus bas qu’en respirant par le nez. Pour certains d’entre eux, il a même atteint 3,6.

Dans ce contexte, bien connu des chirurgiens-dentistes, la fonction de film protecteur qu’offre la salive est affaiblie, les bactéries sont alors libres d’attaquer l’émail dentaire ce qui augmente considérablement les risques de caries dentaires. Cette acidification nocturne crée un terrain parfait pour le développement des problèmes dentaires que vous pourriez découvrir des mois plus tard.

La sécheresse buccale favorise la prolifération de bactéries, ce qui peut entraîner une mauvaise haleine persistante. De plus, cette condition peut également augmenter le risque de développer des caries dentaires et des maladies des gencives ainsi que des inflammations et des infections buccales.

Les répercussions sur votre sommeil et votre bien-être général

Au-delà des dents, respirer par la bouche pendant la nuit perturbe profondément votre repos. La respiration buccale, lorsqu’elle se produit durant la nuit, peut grandement affecter la qualité du sommeil, car elle empêche l’enfant de tomber dans un sommeil profond. Cette observation, valable chez l’enfant, s’applique également aux adultes.

Les signes révélateurs ne mentent pas : lorsqu’on dort en respirant par la bouche, celle-ci demeure ouverte et on risque de baver. Respirer par la bouche donne souvent lieu à des cernes qui n’ont rien à voir avec la fatigue. En effet, ces cernes sont dus à oxygénation inexistante des capillaires sanguins du nez.

Retard à l’endormissement, sommeil agité, ronflements, réveils fréquents durant la nuit, syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), énurésie… sont des signes évocateurs de troubles du sommeil. Une fatigue plus importante : la respiration buccale a généralement des impacts sur la qualité du sommeil. L’enfant risque donc d’être plus fatigué, moins attentif, irritable, etc.

Cette spirale négative peut également affecter votre système immunitaire. Chez un respirateur buccal, la barrière immunitaire n’est pas assurée par le nez, mais par les amygdales. Comme des éponges, elles stoppent les intrus indésirables et grossissent à mesure qu’elles piègent les indésirables. Le problème : il n’est pas possible de désengorger ces structures, et les amygdales deviennent des incubateurs à agents pathogènes.

Comment retrouver une respiration nocturne saine

La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent pour rompre ce cercle vicieux. Le traitement de la respiration buccale dépend de la cause sous-jacente. Il faut d’abord identifier les causes sous-jacentes de cette habitude pour proposer des solutions, telles que le dégagement nasal ou la thérapie myofonctionnelle pour renforcer les muscles du visage et rétablir une respiration nasale optimale.

Les causes les plus fréquentes incluent les allergies, les rhumes, certains médicaments, une déviation de la cloison nasale, des polypes nasaux, une hypertrophie des amygdales, les ronflements, l’apnée du sommeil, la position de sommeil sur le dos ou encore le tabagisme. Ces facteurs génèrent une obstruction des voies nasales et entraînent une respiration buccale pendant le sommeil.

Plusieurs approches peuvent vous aider. Si la congestion nasale due à des allergies ou à un rhume est à l’origine de la respiration buccale, des médicaments tels que des décongestionnants nasaux, des antihistaminiques ou des vaporisateurs nasaux à base de stéroïdes peuvent aider. Les bandelettes nasales adhésives, appliquées sur l’arête du nez, aident à ouvrir les narines, facilitant ainsi la respiration par le nez.

Pour certains, des ajustements simples suffisent. Certains ajustements de la position de sommeil, comme dormir sur le côté, peuvent également aider à maintenir la bouche fermée pendant la nuit. L’hydratation joue également un rôle clé : un environnement trop sec accentue la déshydratation nocturne, ce qui aggrave la sensation de bouche sèche au réveil. Humidifier légèrement l’air pendant l’hiver peut aider à préserver l’équilibre de la salive.

Si le problème persiste, n’hésitez pas à consulter. Quelques ajustements : rester bien hydraté, favoriser la respiration nasale et consulter en cas de grincement ou d’apnée suffisent souvent à améliorer la situation. Si vous remarquez des signes de bruxisme, des douleurs à la mâchoire ou une sécheresse buccale persistante, l’équipe de la Clinique Dentaire 1935 peut évaluer votre situation. Un examen permet de vérifier l’usure des dents, l’état des gencives et d’identifier les signes liés au sommeil. Des solutions simples comme une gouttière de nuit ou des conseils personnalisés peuvent prévenir des problèmes plus importants à long terme.

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