Fini les batteries externes branchées pendant le vol : depuis que six compagnies l’ont interdit, le chargeur doit rester à un endroit bien précis

Le groupe Lufthansa vient de sonner la fin de la récréation pour les accros au chargeur nomade. Le groupe Lufthansa a annoncé un durcissement de ses règles concernant les batteries de recharge à bord de ses avions : à partir du 15 janvier 2027, leur utilisation pendant le vol sera totalement interdite sur l’ensemble de ses compagnies, une mesure qui concerne Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Eurowings, Edelweiss Air et Brussels Airlines. Fini donc le petit rituel du câble discrètement glissé sous l’accoudoir entre deux siestes en cabine.

Concrètement, la règle est simple et ne laisse aucune place à l’interprétation. Il ne sera plus possible d’alimenter un appareil avec une batterie externe pendant le vol, ni de la recharger via une prise de la cabine. Une interdiction qui, en réalité, complète un premier tour de vis déjà amorcé plusieurs mois plus tôt : la recharge de la batterie elle-même, via la prise USB de l’avion, était déjà proscrite par le groupe depuis mai 2025. Cette fois, c’est l’usage même de la batterie externe, pour dépanner un smartphone ou une tablette en plein vol, qui tombe.

À retenir

  • Pourquoi six grandes compagnies aériennes interdisent désormais les batteries externes pendant le vol
  • L’incident qui a changé les règles : un incendie à bord qui a failli tourner au drame
  • Une norme mondiale silencieuse : comment l’aviation internationale s’est alignée en 2026

Où doit désormais rester le chargeur ?

La question qui taraude tous les voyageurs, c’est celle du rangement. Et sur ce point, les compagnies convergent vers une seule et même logique : la batterie doit rester sous les yeux de son propriétaire, jamais hors de portée. Chez Emirates par exemple, les nouvelles consignes sont limpides : les power banks doivent être kept in seat pockets or under the seat (not overhead bins), traduit littéralement, gardés dans la pochette du siège ou sous le fauteuil, jamais dans le coffre à bagages. Même logique chez Malaysia Airlines, où les passagers doivent garder leurs batteries externes avec eux en permanence et ne sont pas autorisés à les ranger dans les compartiments supérieurs ; elles ne peuvent être placées que dans un bagage à main sous le siège ou dans la pochette du siège avant.

La raison de cette obsession pour le coffre à bagages tient en un mot : la visibilité. Si une batterie commence à chauffer ou à s’enflammer, l’équipage doit pouvoir intervenir en quelques secondes, ce qui est impossible si l’objet est coincé au-dessus des têtes, enfoui sous trois valises. C’est très exactement ce qui s’est joué lors d’un vol Virgin Australia entre Sydney et Hobart, en juillet 2025 : un incendie s’est déclaré dans un compartiment supérieur pendant la descente, probablement causé par une batterie externe en surchauffe dans le bagage d’un passager, avec de la fumée détectée vers 9h du matin ; le personnel de cabine a ouvert le compartiment et découvert ce qui semblait être une batterie au lithium-ion en feu, rapidement éteinte à l’aide d’extincteurs de bord et de bouteilles d’eau des passagers, l’avion se posant sans encombre à l’aéroport de Hobart. Cet incident a directement déclenché un durcissement des règles chez Virgin Australia et Qantas quelques mois plus tard.

Une vague mondiale, pas seulement européenne

Le mouvement Lufthansa n’a rien d’isolé, il s’inscrit dans une dynamique amorcée bien avant en Asie. Dès le printemps 2025, plusieurs géants du transport aérien avaient déjà tranché : Singapore Airlines, Scoot, China Airlines, Thai Airways, Korean Airlines et AirAsia ont restreint l’utilisation des batteries externes pour recharger les appareils en vol, tout en empêchant les passagers de les placer dans les compartiments à bagages supérieurs. Emirates a suivi à l’automne, avec une interdiction totale depuis le 1er octobre 2025. Et côté France, la surprise est plutôt du côté des voyageurs mal informés : ce durcissement ne devrait surprendre personne du côté d’Air France, la compagnie interdisant déjà l’utilisation des batteries externes en vol depuis un moment, une règle que beaucoup de voyageurs français découvrent au moment d’embarquer.

Le vrai tournant, c’est l’harmonisation internationale intervenue au printemps 2026. Sous les nouvelles règles émises par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), les passagers sur les vols internationaux sont désormais limités à deux batteries externes en cabine, avec interdiction de les recharger ; ces restrictions, entrées en vigueur le 27 mars 2026, ont été approuvées par les 36 États membres du Conseil de l’OACI et s’appliquent aux 193 pays membres, une première mondiale en matière de normes coordonnées sur les batteries portables dans l’aviation. la mesure du groupe Lufthansa n’invente rien, elle applique simplement, avec un an de délai supplémentaire pour l’usage en vol, un cadre déjà validé au niveau planétaire.

Pourquoi une telle nervosité autour d’un simple chargeur

Le chiffre qui a fait basculer le débat vient des États-Unis. D’ici juin 2025, la Federal Aviation Administration (FAA) a recensé 38 incidents rien qu’aux États-Unis, une fréquence qui a fini par alarmer régulateurs et compagnies simultanément. Un autre épisode a marqué les esprits en Corée du Sud : un Airbus A321 d’Air Busan a été détruit au-delà de toute réparation en janvier 2025, tous les occupants ayant survécu. Face à cette accumulation, impossible pour les compagnies de continuer à fermer les yeux sur ces petits boîtiers qui voyagent par millions dans les bagages à main chaque jour.

Reste une zone grise qui mérite d’être suivie de près : la question de la certification des batteries elles-mêmes. La Chine, pionnière en la matière, impose depuis l’été 2023 une norme locale particulièrement stricte, et applique des règles encore plus strictes sur ses vols intérieurs depuis l’été 2025, où seules les batteries certifiées CCC sont acceptées à bord, une étiquette trop usée pour lire la capacité suffisant à bloquer l’embarquement. Un détail qui n’a rien d’anecdotique : cette certification reste quasiment absente des modèles vendus en Europe, y compris chez des fabricants chinois comme Xiaomi qui ne l’apposent pas sur leurs versions destinées à l’export, laissant très peu de références conformes disponibles sur le marché européen. De quoi se demander si l’Europe ne finira pas, elle aussi, par imposer un logo de conformité avant d’autoriser une batterie externe à monter à bord.

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